Archive for febrero 19th, 2008

Comment rouler un joint

Autor: Ben Desclous

Bien trop de monde n’ose pas d’aventurer à entrer dans le monde du cannabis, simplement par crainte de ne jamais surmonter les difficultés du roulage. Et c’est vraiment dommage. En tant qu’adepte de la consommation de cannabis, je puis vous assurer sans trop craindre de me méprendre, que ces derniers perdent là une occasion en or d’expérimenter de nouvelles sensations réellement agréables et parfois surprenantes. Un pétard peut te faire voler, voyager (d’où l’utilisation de l’anglicisme triper, to trip : voyager, comparant ainsi les effets psychotropes de l’herbe à une expédition vers des mondes inconnus) et ouvre d’impressionnantes portes à ton imagination, voire influence ton inspiration et ton état d’esprit du moment.

Je vois venir les réprimandes quant aux effets sur la santé, l’illégalité du cannabis et la qualification effrayante de drogue. Pourtant, il n’est absolument pas illégal de fumer de l’herbe en Hollande ou en Jamaïque, et de nombreuses études d’instituts très respectables démontrent que le cannabis peut avoir des répercussions positives sur l’état de santé des consommateurs, tout comme négatives.

Les joints ou pétard reçoive de très nombreuses autres appellations, tels que : oinj en verlan, spliff, bédo, cône, tarpé en verlan (le favori de mon père : « T’es encore en train de fumer un tarpé nom de dieu ! »), tourpe, beuh, bignou, kéké, djoko, chichon, parmi tant d’autres, différents selon la région et le groupe d’adeptes. Au Québec, en plus de quelques appellations françaises, on lui octroie d’autres pseudonymes à sonorité plus anglo-saxonne : bat, doobie, skinny, bob, mais aussi aiguille, fil, ou encore espagnol. Quant à la langue espagnole, la dénomination de base porro n’échappe pas non plus à son lot de noms dérivés : maca, petardo, nelo, joint, peta, canuto, cañon, etc.

Ce qui va suivre se veut didactique, avec pour seul prétention de venir en aide à quiconque qui puisse rencontrer quelques problèmes pour s’initier au monde du cannabis.

En premier lieu, nous allons faire un petit récapitulatif du matériel de base :

- Tabac, de préférence blond, bien que cela dépende des goûts, mais pas trop léger. Je vous recommande Marlboro ou Chesterfield, mais la marque n’a pas réellement d’importance, surtout si votre herbe est de bonne qualité.

- Feuilles à rouler, en Espagne (où je vis) les plus répandues sont celles des marques OCB et Smoking, mais il existe bien plus de choix. Généralement vendues en petits paquets, elles peuvent aussi s’acheter en rouleaux. En Francophonie, on utilise généralement des feuilles plus longues qu’en Espagne, ou alors on pratique un collage de deux feuilles, ou plus.

- Briquet, de préférence de la marque Clipper, très répandu en Espagne, il est doté d’un mécanisme allongé de changement de pierre extractible, très pratique pour tasser le joint lors de sa finalisation. Cela dit, stylos, crayons ou mêmes clefs sont de bonnes alternatives.

- Substances psychotropes, l’élément central de l’opération. Elles sont présentes sous différentes formes : le cannabis ou marijuana ; le haschich ou shit, cannabis sous forme de résine ; skuff et pollen, tous les deux de la résine végétale, mais préparée différemment que le haschich, plus puissante. Cette forme reste cependant relativement rare en France.

Où se procurer ? N’ayant jamais vécu en France, il m’est difficile de donner une réponse précise, mais les lieux de vente sont généralement bien connus des consommateurs, il est fort probable que bon nombre de vos amis puisse vous renseigner sur le sujet. Quant au prix, il varie selon la marchandise, la disponibilité, la quantité désirée, la véracité du vendeur, la situation géographique, etc. Je ne suis donc pas capable de donner une approximation fidèle à la réalité, d’autant plus adaptée au sol français, cela dit, en Espagne le prix varie de 2,50 à 8 euros le gramme.

Rouler un pétard peut être aussi simple ou compliqué que le désire le consommateur, car il existe certes une forme basique, mais certains joints relève de la véritable œuvre d’art du pliage, avec d’innombrables feuilles. Cet article étant destiné surtout aux néophytes, nous nous pencherons sur la forme la plus basique du joint.

La première opération consiste à extraire le tabac d’une cigarette en dose plus ou moins importante, selon les désirs du consommateur. Je me permets toutefois de recommander aux non initiés de ne pas descendre en dessous de la demi-cigarette. Vous obtenez donc un petit tas de tabac que vous pouvez soit déposer dans votre main, sur la table, dans une petite sous-tasse, où bon vous semble. Mais n’oubliez pas que vous devrez y ajouter les substances psychédéliques et mélanger le tout.

Puis, il faut préparer le bout du futur joint, l’équivalent du filtre à cigarette. Il existe aussi maintes techniques : avec un filtre en carton appelé toncar en verlan, ou cale, cart ; avec un petit morceau de cigarette entier (avec le tabac) d’entre un demi-centimètre à un centimètre et demi, nommé marocco ; ou alors sans rien du tout. En Espagne, une technique très répandue consiste à laisser un peu de tabac à la cigarette, pour ensuite appliquer directement au joint le filtre entier de la cigarette, dont on retire l’intérieur une fois le roulage terminé, soit pour le rendre plus fin en le brulant, ou alors pour le remplacer par un carton (j’apprécie plus particulière cette méthode, car combinée aux petites feuilles elle donne un pétard de taille idéale, toute en laissant une courte marge de tabac annonçant la fin du tarpé).

C’est le moment d’effriter la marijuana ou de bruler un peu le haschich (pas trop) pour faciliter son effritement et de la mélanger au tabac, de la manière la plus homogène possible. Pour le dosage, c’est selon, de toute manière votre premier joint ne sera pas très bien dosé (à moins que vous ne jouissiez de la célèbre chance du débutant) et vous ajusterez petit à petit les quantités selon vos préférences.

Une fois obtenu le mélange, il faut le déposer dans la feuille de papier. Il existe de nombreuses manières pour effectuer cette opération, je laisse libre cour à votre imagination. Mais si vous avez le mélange au creux de la main, le processus est très simple : couvrez-le avec une feuille, déposez votre autre main sur la première, comme si vous alliez vous mettre à prier, puis retournez le tout et enlevez votre première main en récupérant un maximum les miettes qui peuvent être restées collées. Il est très important qu’il subsiste une marge entre le rebord du papier et le mélange, ainsi que la position de la bande collante, qui doit être dirigée vers le haut.

Arrive enfin le moment fatidique : le roulage. Avec votre matériel bien en main, vous lui donnez la forme d’une cigarette en le roulant répétitivement d’avant en arrière, en faisant attention à ne pas déchirer la feuille. L’astuce réside dans le fait que les doigts doivent être en contact avec le mélange et éviter de trop tirer sur le papier. Une fois que votre joint ressemble raisonnablement à une cigarette, c’est le moment d’introduire le filtre de votre choix, du côté que vous préférez, car être droitier ou gaucher n’a aucun rapport avec l’aisance d’un filtre placé du bon côté au moment de rouler. Roulez un peu plus, en prenant garde de ne pas appuyer trop fort sur la partie du filtre pour qu’elle ne devienne pas trop molle, juste assez pour qu’il reste bien en place.

Nous arrivons enfin à la phase définitive, qui est aussi la plus périlleuse : l’assemblage final. C’est un moment critique en effet, car il faut prendre garde à mettre la partie non collante de la feuille le plus en-dessous possible, en veillant à garder l’aspect d’une cigarette, bien que légèrement en forme de cône. Ensuite, il faut lécher la bande collante et appliquer le tout, en faisant en sorte que le filtre reste bien en place. Les premières fois peuvent être un peu désastreuses, c’est pourquoi l’on peut s’aider d’une deuxième bande de colle, coupée d’une autre feuille, pour lui faire une ceinture au niveau du filtre, et ainsi éviter que ce dernier ne s’échappe. N’oubliez pas de tasser le joint. Il vous reste ensuite à plier ce qui dépasse de papier, ou à le tournicoter, afin de préparer une authentique mèche de pétard ! Allumez et délectez vous, en n’oubliant pas de faire tourner, car la consommation de joints, au contraire des cigarettes, est généralement un événement social, où participent d’autres membres (et d’autres joints !).

Enfin, je vous recommande de préparer la table sur laquelle vous allez rouler, de manière à pouvoir récupérer aisément le mélange, en cas d’accident : il est plus facile et plus propre de récupérer un mélange tombé sur une feuille de papier, par exemple, que sur le sofa ou le sol. Avec un peu de temps et de patience, vos joints seront de plus en plus beaux à voir et agréables à fumer.

Voici le processus résumé en images :

Bédos, joints, sticks

Sources :

Un grand merci à mon ami Misosófos, illustre créateur de la version de base en espagnol, que j’ai traduite et adaptée, ainsi qu’agrémentée de quelques trouvailles sur Wikipedia.

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8 comments - What do you think?  Posted by Misosofos - 19/02/2008 at 22:54

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